Dans la fraîcheur du matin
Prend ma main
Lorsque le brouillard s’en vient
Prend ma main
Quant la nuit semble sans fin
Prend ma main
Si un jour tu ne sais plus rien
Prend ma main
Et surtout,
Tiens la bien
Dans la fraîcheur du matin
Prend ma main
Lorsque le brouillard s’en vient
Prend ma main
Quant la nuit semble sans fin
Prend ma main
Si un jour tu ne sais plus rien
Prend ma main
Et surtout,
Tiens la bien
Matin d’automne
Le jour se levait lentement et la douce lumière qui rentrait par la fenêtre ouverte réchauffait le visage usé de cette femme qui, par ses traits marqués reflétait de longues ânées labeur consciencieux. Son nez, presque enfantin, paraissait abandonné là, comme par mégarde et de multiples petites rides lui donnaient une allure paisible, adoucie et sereine.
Son beau regard, perdu dans des reflets bleu-vert océans, papillonnait doucement entre sa tasse de thé vert aux saveurs anciennes et le jardin encore verdoyant, où les oiseaux se rassemblaient en cette fin d’été.
Comme les feuilles des grands arbres qui s’agitent dans le vent d’automne, son buste tremblant trahissait son âge, tout en inspirant le respect.
De ses épaules voûtées naissaient deux grands bras encore musclés et dont la solidité contrastait avec le reste de son corps fatigué.
Jaunies, tachées d’encre, rêches et amaigries, ses grandes mains aux doigts longs avaient pourtant gardé, dans leur posture, le maintien et l’élégance de leur jeunesse.
Sa robe ample, dont le gris pâle était strié de lignes rouges, était presque entièrement recouverte par un tablier de cuisine aux dimensions impressionnantes.
Brulé dans les angles, délavé, artistiquement taché et maintes fois reprisé, il était à lui seul la mémoire de celle qui le portait.
Sur ses genoux arrondis par le temps, une épaisse couverture moelleuse était posée pour la protéger de la fraicheur matinale.
Ses bas laissaient transparaître ses veines violettes qui couraient le long de ses jambes, comme les nervures apportent la sève à la feuille.
Les deux grandes péniches qui lui avaient longtemps fait parcourir le monde étaient maintenant rentrées au port, tendrement lovées dans deux petit cafignons carmin d’une étoffe douce et soyeuse.
Cérémonial
Pourtant si banal
Mettez vous en rang
Aligniez les bancs
Le chuintement du papier
Que l’on n’ose retourner
Les mains qui tremblent, qui suent
Nôtre tête cherchant une issue
La gorge qui se rétrécit
Nous asphyxiant petit a petit
Rendez vos copies
Fin de la ceremonie
On y apprend les bonne manières
On y apprend la vie
Precieuse et innouie
On y cultive l’émerveillement
Pour rester enfant
Pour rester vivant
Il est l’heur du printemps
Et alors que la vie reprend
Que rien n’arrête la fuite du temps
J’attend
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